Actualités‎ > ‎

Quentin Bigot lance 2017 à Tenerife !

publié le 21 janv. 2017 à 03:41 par Georges Charlier   [ mis à jour : 25 janv. 2017 à 13:15 ]

Quentin Bigot est actuellement en stage à Tenerife (îles Canaries), dans le cadre de sa préparation de la saison 2017. Un programme bien chargé, où Quentin a trouvé l'occasion de participer à sa première compétition de l'année, et de répondre à quelques questions...



/ Tu annonçais débuter ta saison 2017, le 28 janvier à Châlons-en-Champagne. Tu as finalement opté pour une rentrée, ce samedi 21 janvier, lors d'une compétition RFEA à Santa Cruz de Tenerife. Raconte-nous ton concours !

Une sacrée tranche de vie, et de l'expérience pour l'avenir...

Grand soleil, 30°, une belle journée s'annonçait en partant de l'hôtel pour rejoindre la compétition. Trente minutes après, en arrivant sur le stade, j'ai aperçu un arc en ciel. Mauvais signe, mais les conditions étaient correctes. Je fais un jet à 74m pendant l'échauffement. Puis est arrivée la grosse tempête, la concours a dû être arrêté, le filet descendu. La température a brutalement chutée à 12 degrés, difficile de rester chaud, n'ayant pas d'affaires pour me couvrir... Quand nous avons repris le concours après 30 minutes d'attente, les juges ne nous ont pas laissé l'opportunité de refaire un jet d'échauffement. Je suis rentré dans le plateau, premier jet : 69 et quelques sur 3 tours, avec une belle frayeur en prime. Le plateau était glissant, voir dangereux. J'ai refusé de lancer au deuxième essai. Puis, j'ai décidé de changer de chaussures, pensant même arrêter le concours comme un bon nombre des concurrents. Au quatrième essai, je réalise 72,03m dans des conditions plus clémentes. Puis il a replu, et une nouvelle tempête. J'ai donc décidé d'arrêter les frais.


Rassure-nous, Tenerife jouit d’une excellente réputation auprès des sportifs de haut niveau (athlètes, cyclistes, triathlètes, haltérophiles). En tout cas c'est l'idée que nous avons ici en France...

- Je suis à Tenerife dans des conditions sont tout simplement parfaites : installations, climat, hôtel. C'est un bon endroit, qui n'est finalement pas très loin de chez nous. Je suis logé à l’hôtel Maritim, qui se situe à Punta Brava. Mais ce n'est pas un simple hôtel, puisqu'il possède une vraie salle d’haltérophilie. Les propriétaires allemands du Maritim, accueillent régulièrement l’équipe allemande d’haltérophilie, qui vient s'entraîner ici avant les grandes compétitions. La salle est aménagée avec du matériel de grande qualité (Schnell et Eleiko). De plus l'hôtel possède un espace soin. Mais attention, un espace soin pour athlète. Le kinésithérapeute est autrichien et s'occupe des athlètes de passage. Le stade d'athlétisme est à 1,5km, et la plage à 200m. C'est un hôtel All-inclusive, donc pas besoin de faire à manger. 

J’ai trouvé l’endroit idéal pour m’entrainer.

/ Comment s'organise ton quotidien sur place ?

- Je fais deux séances par jour. Une le matin, une l'après midi. Entre les deux, je prends une grosse collation, je ne mange pas réellement. C'est comme une pause, de 2 heures maximum. Le soir est consacré aux étirements, à la visualisation de vidéos de lancer, et à la piscine.


 Certains des meilleurs mondiaux utilisent la natation dans leur préparation, comme Tibor Gecsek (champion d’Europe 1998). On te découvre à ton tour nageur…

- C’est exact, Tibor Gecsek nageait 1000m une fois par semaine de novembre à mars. Pour ma part, je nage environ 500 à 600m le soir. Rien à voir avec ce que je fais habituellement en piscine (1200m en 40 minutes). Ici c'est plus comme un footing de récupération. Puis je termine par des sauts dans l'eau, des multi-tours de lancer, et des exercices de respiration. Il faut un retour au calme progressif.

 Revenons au marteau. Tu entames l’année 2017 avec plus d’ambitions que jamais, où en es-tu dans la préparation de cette saison ?

- Je suis au bon endroit dans ma préparation. Je ne suis pas blessé, donc tout va bien. Mais globalement, j'ai de l'avance par rapport à l'année dernière. La saison est longue, il faut garder en ligne de mire l'objectif principal qui sont les championnats du Monde de Londres au mois d'aout. Le tout est de passer au travers des blessures. Chaque année depuis que je suis junior, je me fais toujours un pépin en hiver. Si j’arrive à passer au travers de ces blessures, je risque de lancer vraiment loin cet été.




« 
QUENTIN EST UN EXCELLENT LANCEUR, IL A UN BON RYTHME. PEUT-ÊTRE QU'IL GAGNERAIT À LAISSER PLUS DE LIBERTÉ AU MARTEAU, MAIS D'UNE MANIÈRE GÉNÉRALE SA TECHNIQUE SEMBLE BIEN PROPRE. » 

Sergej Litvinov Junior. (RP : 80.98 m - 3ème aux championnats d’Europe en 2014 / 5ème aux championnats du Monde à Pékin - entrainé par son père Sergey Litvinov champion Olympique 1988 / double champion du Monde et détenteur d’un record à 86m04). 



Tu es connu pour être un athlète rigoureux. Quelles dispositions as-tu prises pour éviter les pépins physiques ? 

- J'ai du mettre en place des règles strictes pour ne pas me blesser. Il faut mettre toutes les chances de son côté, déjà qu'en soit, s'entraîner présente des risques. Il faut contrôler les différents facteurs. J'ai beaucoup appris avec Pierre-Jean, en terme de récupération et d'hygiène de vie. 

J’ai toujours eu une connexion permanente avec le marteau, qui est ma passion. Il a simplement fallu mettre des contours solides. Je m'astreins donc à un mode de vie quasi monacale. Je ne sors pas ou peu, et lorsque je sors il n'y a jamais d'excès. Je ne supporte pas que les lanceurs soient vu comme des « buveurs de bière ». C'est peut-être vrai à un niveau régional, mais au niveau international, c’est totalement impossible. Je n'ai pas droit à l'écart, c'est un peu comme dans mon métier, où toutes les règles sont strictes, et où le manque de rigueur n'est pas permis. J'ai beaucoup appris de ma formation de conducteur de train sur le plan de la rigueur, du sérieux mais aussi de l'hygiène de vie, parce que je suis quasi nomade.

Sur le plan nutritionnel, j'essaye de varier mon alimentation, même si je ne fais pas de régime spécifique. J’utilise des compléments alimentaires appropriés (autorisés par l’AFLD, conseillés par l’ANSES et en respect de l’article 4 du décret n°2006-352 du 20 mars 2006). Au niveau récupération, je suis également beaucoup plus sévère avec moi-même. Je vais chez le kinésithérapeute et très régulièrement chez l'ostéopathe. Je suis entouré d'une véritable équipe de professionnels (kiné, médecin, ostéo, acupuncteur, entraineur) compétente mais surtout, qui a envie de s'impliquer dans mon projet.

Souvent les athlètes ne voient que le côté entraînement pur, ils ne sont athlètes que deux heures par jour. Toute ma journée tourne autour du marteau. Je construis mes emplois du temps en pensant performance et récupération. J’embrasse mon projet et ma passion, le couteau entre le dents, mais avec rigueur, calme et raison.

Quelles performances réalises-tu actuellement à l'entraînement ?

- Je ne sais pas si ça va parler à beaucoup de monde, mais je n'ai pas de secret. J'ai récemment fait 71m au marteau de 8kg, et 60m au marteau de 10kg*.En terme de musculation, j'ai arraché 2x100kg sans maintenir la barre, et 2x260kg en demi-squats. Je ne suis pas haltérophile, ni body-builder. Donc, le plus important n’est pas de regarder  la "masse" des charges. Ce qui compte c'est "comment est effectuée la barre". L’objectif est d’accélérer les barres le plus vite possible, de la même manière que je cherche à accélérer mon marteau, lorsque je lance. 

J’ai longtemps été exclusivement centré à 100% sur le lancer et la musculation. Je varie énormément mon entrainement, depuis le début de ma collaboration avec Pierre-Jean. Je fais beaucoup de PPG, des courses en côte, et de la natation, comme nous venons de l’évoquer. Cette évolution me fait beaucoup de bien tant physiquement que mentalement. Je me sens beaucoup plus athlète que par le passé.

*Les experts soviétiques, indiquent que l’écart entre les différents marteaux se situe pour un lanceur du niveau de Quentin entre 5,50 et 6,50m par kilogramme. Ces écarts différent en fonction des athlètes, et de la période de la saison (60 m au 10kg  60 + 2x5,50m soit 71 au 8kg) .



Vidéo YouTube


LE MONTÉ DE BANC OU STEP-UP EXPLIQUÉ PAR PIERRE-JEAN VAZEL

« C'est un des exercices de musculation pour les muscles extenseurs autour du genou et de la hanche, comme les squats, mais pas dans la même séquence. en squat comme à la presse, un athlète peut compenser un déficit de force d'une jambe, en MDB c'est plus difficile, c'est à la fois un bon exercice d'échauffement mais aussi de développement, complémentaire aux variantes de squats (complet ou 1/2, pieds décalés ou parallèles) ». 


 Comment abordes-tu cette deuxième saison à distance avec Pierre-Jean Vazel, ton entraineur depuis aout 2015 ?

- L’absence de Pierre-Jean au quotidien, est vraiment dure à vivre. C’était déjà dur l’année dernière, mais nous arrivions à nous voir ! Personnellement, c’est la dernière année que je veux passer comme ça. Ce n'est pas une vie. S'entraîner seul, 90% du temps, me prend beaucoup énergie et me fait surement perdre des centimètres… voir des mètres. Humainement et sportivement, nous pourrions faire de grandes choses en étant proches l’un de l’autre. 

 Quelle est la suite de ton programme ?

Je ne pense pas aller à Chalon en Champagne. La semaine prochaine sera plus légère sur le lancer, plutôt axée sur la PPG, la course et natation. Je ferai peut-être une autre compétition avant les championnats de France hivernaux le 25 février. L'objectif sera le titre, et décrocher le billet pour la Coupe d'Europe hivernale des lancers (le 11 et 12 mars à Las Palmas). Puis, je retournerai en stage, cette fois-ci à Chypre avec la fédération.

Comments